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Mise à l’échelle de l’Agriculture intelligente face au climat (AIC) au Sénégal : Les acteurs du monde rural invitent l’Etat à contribuer au financement de la plateforme C-CASA
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Sachant qu’un avenir agricole sûr passe par la mise en pratique de l’approche Agriculture Intelligente face au Climat (AIC), des acteurs du monde rural plaident pour que l’Etat du Sénégal accorde un financement à la Plateforme Nationale de Dialogue Science-Politique sur le Changement Climatique, l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire (Plateforme C-CASA). Ce qui devrait lui permettrait de mettre en œuvre des projets de la mise à l’échelle de l’AIC.

Créée sur l’initiative du CCAFS Afrique de l’Ouest, la plateforme de Dialogue Science-Politique sur le Changement Climatique, l’Agriculture et la Sécurité Alimentaire (plateforme C-CASA) du Sénégal a récemment obtenu du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAAPP) une enveloppe de 121 millions de francs CFA. Ce financement sera utilisé pour la réalisation de projets mettant à l’échelle des pratiques de l’agriculture intelligente face au climat (AIC) au Sénégal au cours de 2017. C’est ici le lieu de louer ce grand effort et cette vision du PPAAO/WAAPP pour le développement d’une agriculture sénégalaise climato-intelligente.

Cette enveloppe demeure cependant insuffisante au vu de la menace que constituent les effets du changement climatique sur l’agriculture ; et par ricochet ; sur la sécurité alimentaire. Pour la réalisation de meilleures actions pour contrer ces effets négatifs du changement climatique dans le domaine agricole, il faudrait plus.

« 121 millions de francs CFA comme budget annuel total demeurent insuffisants pour la réussite des projets de la plateforme C-CASA dans la cadre de l’adaptation des populations agricultrices vulnérables aux effets du changement climatique au Sénégal» a expliqué M. Bounama Dieye, coordinateur de la plateforme.

Face à ce constat, la plateforme a invité l’Etat à participer au financement de son budget. De même, les populations des départements dans lesquels la C-CASA a considérablement intervenu dans les années passées ont  souhaité plus de moyens financiers. Il s’agit des départements de, Linguère,  Kébémer,  Bambey,  Gossas,  Kaffrine et  Nioro du Rip. La majeure partie des producteurs agricoles de ces départements a réussi à s’approprier des pratiques en lien direct avec l’AIC. Ainsi, l’utilisation de l’information climatique pour la prise de décisions agricoles, et l’utilisation de semences améliorées adaptées au climat font ; entre autres ; désormais partie des habitudes des producteurs agricoles des départements cités plus tôt.

Dr Papa Abdoulaye Seck, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural du Sénégal. Photo: SenePlus/Badji

Pour les responsables de la plateforme, le souci de continuité et de promotion de l’approche AIC s’avère donc une impérieuse nécessité.

«L’avenir du monde rural repose sur des initiatives audacieuses et bien comprises en matière d’innovations agricoles» a dit Mr Bounama Dieye, de la Direction de l’Agriculture, par ailleurs coordinateur national de la plateforme C-CASA.

Dans une dynamique intégrée de continuité d’actions

En 2017 la plateforme C-CASA concentrera ses efforts sur le renforcement de capacités des parties prenantes sur les concepts, les stratégies et outils de l’AIC, essentiellement développés grâce au CCAFS ; la promotion de l’utilisation à grande échelle des services d’information climatiques en agriculture pluviale après des exploitations familiales ; et le renforcement du cadre d’échanges entres les membres de la plateforme. Ce faisant, la Plateforme C-CASA aspire à voir en plus au moins 450 nouveaux producteurs et acteurs agricoles imprégnés des concepts de l’AIC.

En sus de cela, il est prévu de former, de sensibiliser et d’informer les mêmes membres de la plateforme, les décideurs (députés, maires, conseillers) sur les enjeux de la mise à l’échelle de l’AIC au Sénégal.

Il est à noter qu’en 2016, la plateforme C-CASA a pu obtenir un financement de  l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS). Ce financement, a été acquis grâce à un film documentaire présenté lors de la COP22 à Marrakech. Ce film met en exergue l’utilité de l’AIC dans une de ses zones d’intervention au Sénégal, ce qui a retenu l’attention de plus d’un. C’est aux fins de répliquer les mêmes projets dans d’autres localités que l’organisation sous-régionale a mis la main à la poche.

Comme autre aboutissement, la plateforme CCASA a réussi à obtenir l’engagement des députés et des Conseillers du Conseil Economique Social et Environnemental à travers la «Déclaration du Radisson» par laquelle les élus du peuple Sénégalais affirment la nécessité de mieux prendre en charge la dimension  changement climatique dans les documents de politiques et les décisions en rapport avec le développement socio-économique.

Cette belle initiative entre dans le cadre du projet  «Vers un dialogue fonctionnel pour l’adaptation de l’agriculture et de la sécurité alimentaire au changement climatique». Financé par le CCAFS, ce projet a engrangé d’importants résultats. En effet, la Plateforme a pu notamment mener des études sur l’état des lieux des politiques et des institutions sur l’adaptation de l’agriculture et de la sécurité alimentaire au changement climatique. Un document de référence sur l’Agriculture Intelligente face au changement climatique au Sénégal a été produit : Recueil des bonnes pratiques d’adaptation et d’atténuation. La plateforme a aussi eu à organiser des ateliers d’intérêt scientifique et public sur des questions d’actualité en rapport avec le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire

Source: ccafs.cgiar.org

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